Accéder à l’industrie de la construction
L’industrie de la construction au Québec s’est donné des critères d’embauche de la main-d’œuvre auxquels les entreprises de construction doivent se conformer. Le principe fondamental demeure la compétence, et celle-ci doit être acquise par la formation et l’expérience de travail. Bien que le diplôme d'études professionnelles (DEP) soit la voie d'entrée privilégiée, une personne non diplômée peut accéder à l'industrie lors d'une pénurie de main-d'œuvre. Pour ce faire, elle doit obtenir une garantie d'emploi de 150 heures de la part de son employeur et répondre à des critères précis.
Un incontournable : le certificat de compétence
Pour démontrer sa compétence et pour travailler dans l'industrie de la construction, il faut détenir un
certificat de compétence. Il en existe trois catégories :
- Apprenti : il est délivré à une personne qui est admise à l'apprentissage d'un métier. Cet apprentissage peut s'échelonner, selon le cas, sur une à cinq périodes de 2 000 heures chacune. Une fois ces périodes d'apprentissage terminées, l'apprenti peut passer l'examen de qualification provinciale qui lui permettra d'obtenir le certificat de compétence-compagnon.
- Compagnon : il est délivré à la personne qui a démontré ses compétences dans l’un ou l’autre des 26 métiers de l’industrie et qui a réussi avec succès l'examen de qualification provinciale du métier visé.
- Occupation : la CCQ délivre, sur demande, un certificat de compétence-occupation à une personne qui fournit une attestation démontrant qu'elle a suivi et réussi le cours Connaissance générale de l'industrie de la construction (CCGIC) approuvé par l'industrie et offert par la Commission de la construction du Québec (CCQ). Il permet d'exercer l'une des 30 occupations de l'industrie (les occupations spécialisées nécessitent toutefois un diplôme d'études professionnelles)..
Le nombre de places disponibles pour ce cours dans chaque région est déterminé annuellement par la CCQ, en tenant compte de l'estimation des besoins. Ces besoins sont évalués par les représentants patronaux et syndicaux de l'industrie, et le nombre de places disponibles pour l'année en cours est publié dans le journal qui dessert la région visée.
La formation : une priorité pour l’industrie
Depuis 1987, le système de formation a été modernisé. Chaque métier comporte son programme d’études, et il existe neuf centres de formation spécialisés dans les métiers de la construction. Des employeurs et des syndicats participent à la gestion de ces centres spécialisés. Une soixantaine d’autres centres offrent aussi de la formation dans les métiers de la construction. Les programmes d’études comportent de 600 à 1 800 heures de formation selon le métier (soit de 20 à 60 semaines de formation).
Afin d’évaluer les besoins de diplômés pour chacun des métiers de l’industrie de la construction, la CCQ procède à une vaste consultation auprès de quelque 250 patrons et représentants syndicaux siégeant aux 27 différents sous-comités professionnels regroupés sous son égide. En 2005, cet exercice avait amené l’industrie à estimer qu’elle aurait besoin annuellement de 5 500 travailleurs diplômés de 2005 à 2008.
Nous sommes tout près d’atteindre cet objectif : en 2006, 4 350 diplômés d’un métier ont été admis dans l’industrie, tandis que 200 diplômés étaient admis dans l’une des occupations spécialisées.
Par ailleurs, pour pallier le manque actuel de diplômés et pour maintenir la qualité de la main-d’œuvre, tout apprenti non diplômé admis lors d’une pénurie de main-d’œuvre doit entreprendre une formation obligatoire.
La formation, ça rapporte !
Qu'il soit détenteur ou non d'un diplôme d'études professionnelles, l'apprenti doit compléter le régime d'apprentissage qui est prévu pour son métier avant de devenir compagnon. Ce régime d'apprentissage est divisé en périodes de 2 000 heures chacune, tandis que le nombre de périodes d'apprentissage prévu pour chacun des métiers varie entre un et cinq, selon la complexité du métier et la diversité des compétences à acquérir. Une fois cet apprentissage terminé, l'apprenti peut passer l'examen de qualification provinciale qui mène à l’obtention du certificat de compétence-compagnon pour le métier visé.
Des crédits d'heures d'apprentissage peuvent être versés au dossier de l'apprenti en vue d'accélérer le cumul de ses heures d'apprentissage (une limite maximale d'heures a toutefois été établie pour chacun des métiers). Tant le détenteur d'un diplôme d'études professionnelles (l'apprenti diplômé) que l'apprenti non diplômé peuvent tirer profit de cette mesure. En voici un aperçu :
Détenteur d'un DEP reconnu pour l'exercice du métier : il peut retrancher la totalité des heures consacrées à l'obtention de son DEP des heures prévues par le régime d'apprentissage. Par exemple, pour le métier de briqueteur-maçon, la durée de la formation menant au DEP est évaluée à 900 heures. Le métier est composé de trois périodes d'apprentissage totalisant 6 000 heures. De ce fait, l’apprenti ne devra accomplir que 5 100 heures avant de pouvoir passer l'examen de qualification provinciale.
| 6 000 heures prévues au régime d'apprentissage – 900 heures accomplies pour obtenir le DEP = 5 100 heures |
Apprenti non diplômé : l'apprenti qui a été admis dans l'industrie en raison d'une pénurie de main-d'œuvre doit cumuler des heures d'apprentissage en suivant l'un des cours de perfectionnement offerts par l'industrie. En d'autres mots, plus l'apprenti se perfectionne, plus il pourra décrocher rapidement le statut de compagnon. Le nombre d'heures créditées varie selon l'activité prévue.
Chaque métier comporte des heures de formation et d'apprentissage qui lui sont propres. Quant aux crédits d'heures accordés pour les activités de perfectionnement, vous les trouverez dans le Répertoire des activités de perfectionnement.